A Montpellier, le rassemblement s'organise.
Le Languedoc a été jusqu’ici préservé des défauts structurels du PS, grâce à un chef installé depuis trente ans, incontestable sinon incontesté. Et lui a déjà choisi ses alliances. Ainsi, lors des élections législatives du mois de mai, Georges Frêche affirmait, après un tour d’horizon politique sur l’effondrement des Verts et des partis à la gauche du PS, « Nous n’avons plus d’alliés » puis « J’ai vu les gens du Modem, pour passer un accord avec eux pour les législatives, les municipales, les régionales ». Et de fait, au théâtre de la politique languedocienne, l’acteur principal demeure Georges Frêche. Illustration au Conseil Régional où les dossiers sont presque toujours votés à l’unanimité, FN et UMP compris.
Pourtant, le PS vient de perdre un siège de sénateur dans l’Hérault. Et la prétendue mésentente socialiste qui en serait la cause a donné de l'appétit à la droite. Ainsi Alain Marleix, chargé des élections à l'UMP, salue une victoire « historique ». Il tenterait même de mettre au point avec Jacques Domergue, futur candidat à la Mairie de Montpellier, une liste d'« ouverture » sur laquelle il assure qu'il y aura « des personnalités de gauche, et certaines encartées au PS ». Verrait-on apparaître dans notre région les calculs de la droite, nourris des défaillances structurelles de l’appareil socialiste ?
Pour l’éviter, les Socialistes languedociens doivent d’abord faire une analyse réaliste du résultat des sénatoriales, par delà des querelles de clocher qui ne doivent pas masquer l’essentiel. On constatera alors que depuis 1998, Agde, Lunel et Sète sont gérées par l’UMP, soit 116 grands électeurs de plus pour la droite. On devra aussi reconnaître que la démographie héraultaise a nettement progressé et que son profil politique a évolué. Mais on verra surtout que rien n’est inéluctable puisque deux députés socialistes ont été élus dans l’Hérault aux dernières législatives, et ceci avant tout grâce à leur implantation personnelle. Plus remarquable encore, le combat d’André Vézinhet qui est allé défier le candidat de la droite sur ses propres terres, le contraignant à la fuite ou à la défaite.
Et Jacques Domergue a préféré fuir... Une leçon à méditer pour tous les Socialistes.
L’Hérault et le Languedoc ont profondément changé depuis trente ans, en grande partie grâce à la pugnacité d’un Parti Socialiste rassemblé et combatif. Peut-on aujourd’hui évoluer, s’adapter à des situations nouvelles, sans se renier ?
Pour porter notre projet, il conviendra d’abord de réviser nos alliances politiques, au regard des évolutions sociologiques de la population. Les dérives inquiétantes du pouvoir en place auront assurément un effet rassembleur pour tous les démocrates. En interne, les socialistes s’appliqueront à conjuguer renouvellement des élus et expérience politique, mais surtout à conserver la trame qui a fait leur puissance : un parti rassemblé autours d’un chef charismatique, visionnaire, capable de gagner et faire gagner des élections…