Le "Développement Durable", rappel des faits...

Publié le par Ulysse

Le concept de Développement Durable
Le "développement durable" (ou "soutenable") est "un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs" (définition proposée en 1987 dans le Rapport Brundtland par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement). Autrement dit, il s'agit d'une approche double et conjointe du développement humain, à la fois dans l'espace (chaque habitant de cette terre a le même droit humain aux ressources de la Terre) et dans le temps (nous avons le droit d'utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d'en assurer la pérennité pour les générations à venir).
L'objectif du développement durable est donc de définir des schémas de développement qui concilient les trois aspects économique, social, et environnemental des activités humaines. Il implique une analyse des impacts du développement social et des entreprises, 350px-Developpement-durable-svg.pngen termes de consommation de ressources plus ou moins renouvelables, ainsi qu'en terme de production de déchets et d'émissions polluantes… Le rapport Brundtland insiste également sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels.
Le concept est matérialisé par l'entrecroisement des sphères économique, sociale et écologique des actions humaines réputées "durables". 
Historique du concept
Le Club de Rome, créé en 1968, regroupe quelques personnalités influentes qui souhaitent que la recherche s'empare du problème de l'évolution du monde pris dans sa globalité, pour tenter de cerner les limites de la croissance. En 1972, à sa demande, le "Massachusetts Institute of Technology" publie le "Rapports sur les limites de la croissance", duquel il ressort que la poursuite de la croissance économique telle que nous la connaissons entraînera au cours du XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l'appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des ressources énergétiques. C'est ce rapport qui définit le concept de "croissance zéro". Le premier Sommet de la Terre a lieu la même année à Stockholm, sous l'égide des Nations Unies. L'environnement apparaît donc au cours des années 1970 comme un patrimoine mondial essentiel à transmettre aux générations futures.
La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée au cours des années 80 par la définition des trois "piliers" qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale, et la préservation de l'environnement. Le deuxième Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992 voit la consécration du terme "développement durable", qui est largement médiatisé.
Il faudra cependant attendre le Sommet de Johannesburg, en septembre 2002, pour voir ratifié le premier traité international prenant position sur la conservation des ressources naturelles et la biodiversité. Et c'est en 2005 qu'entre en vigueur le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre.
Une réglementation internationale et européenne qui se précise et devient contraignante
Le développement durable impacte le droit international et devient contraignant avec le protocole de Kyoto.
Dans l'Union européenne, le droit de l'environnement s'est déplacé des États membres vers le niveau européen, subsidiairement plus adapté, au cours des années 1990. L'Acte unique européen, en 1987, a ainsi transféré à la CEE les compétences sur l'environnement, la recherche et développement, et la politique étrangère. À la création de l'Union européenne, en 1993, l'environnement a été traité d'une façon transversale dans le premier pilier de l'Union, le plus intégré.
Ceci pose les questions de la souveraineté des Etats et du niveau de légitimité des actions à mener pour aboutir à un développement plus durable.
Définir et mettre en pratique ici et maintenant un développement économique et social respectueux de l'environnement
Le concept de développement durable, associé à la notion de bonne gouvernance, est un processus de gestion très concret dans lequel l'exploitation des ressources, le choix des investissements, les changements technologiques et institutionnels, sont rendus cohérents avec l'avenir en même temps qu'avec les besoins du présent.
Ainsi lors du sommet de la Terre de Rio, en 1992, les 173 pays participant ont adopté le programme Agenda 21, qui est un programme d'actions pour le XXIe siècle. Il énumère quelques 2500 recommandations concernant des questions liées à la santé, au logement, à la pollution de l'air, à la gestion des mers, des forêts et des montagnes, à la désertification, à la gestion des ressources en eau et l’assainissement, à la gestion de l’agriculture, à la gestion des déchets.
Les collectivités territoriales sont invitées à mettre en place un "Agenda 21 local" (Chapitre 28 de l' Agenda 21). Outil de transcription dans la réalité du concept de développement durable, il conduit à un programme global d'investissements et d'actions et s'élabore habituellement en 3 ou 4 ans avec l'ensemble des parties prenantes (élus, associations, entreprises, syndicats,…).
Communication et développement durable
Avec la mise en place de programmes de développement durable dans les entreprises et d’agendas 21 dans les collectivités territoriales, s’est posé la question de la communication sur le développement durable. Autrement dit, comment sensibiliser l’opinion, impliquer les professionnels, convaincre les décideurs ? Plusieurs pistes et éléments de réponse sont proposés:
§         Démystifier, mettre en avant les bénéfices concrets, dresser un constat honnête, et surtout éviter les grands principes et le jargon inaccessible.
§         Impliquer les associations, les citoyens, et agir sur l’émotionnel avec des événements festifs, plus convainquant que les arguments scientifiques.
§         Quels que soient les outils et supports de communication utilisés, rien ne remplace un échange régulier entre les parties prenantes.
Le processus de maturation, de validation et de mise en œuvre s'appuie donc sur des valeurs de responsabilité, de débat et partenariat, d'innovation, de pérennité et de réversibilité, de précaution, et de solidarités sociale, géographique et trans-générationnelle.
 
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Publié dans Analyse

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